Réponses aux questions

Voici certaines des questions les plus courantes auxquelles ont répondu les experts: scientifiques et utilisateurs ayant directement subi les effets du cannabis et de la psychose.

research saysD’après la recherche

OUI. Le cannabis constitue l’un des facteurs associés à l’apparition de troubles psychotiques.

Le débat est clos. Nous disposons désormais de données substantielles indiquant que la consommation régulière de cannabis pendant l’adolescence augmente le risque de présenter une psychose.

Selon les estimations, le risque associé à l’utilisation est multiplié par 4 à 12 fois en fonction de facteurs tels que les antécédents familiaux de maladie mentale, l’âge auquel la consommation débute et la teneur en THC du cannabis :

En particulier, la consommation régulière de cannabis pendant l’adolescence :

  1. est liée à l’apparition d’un trouble psychotique chronique et à vie chez les individus à risque;
  2. est associée à un âge plus précoce d’apparition de la psychose;
  3. peut compliquer et/ou empêcher le rétablissement des personnes ayant déjà reçu un diagnostic de trouble psychotique.

research saysLa voix des jeunes

Je crois que ça l’a déclenchée. Comme j’en fumais beaucoup, plusieurs fois par jour et que j’entendais des choses... j’hallucinais tout de suite après avoir fumé.

Je ne pouvais pas savoir si c’était la marijuana qui avait eu cet effet, ou si c’était mon cerveau (psychose) qui était altéré... et que la marijuana a été un facteur déclenchant.

Je crois que le fait de fumer de la marijuana aggrave les symptômes chez ceux qui présentent des troubles mentaux – pour ceux qui n’en sont pas atteints mais qui présentent de légers antécédents familiaux de ces troubles, le cannabis peut avoir un effet explosif.

Les symptômes psychotiques sont apparus, j’entendais des voix et des messages radio dans ma tête, puis j’ai arrêté et je n’ai pas refumé depuis.

research saysD’après la recherche

Peut-être vous. Nous ne disposons actuellement d’aucun moyen permettant de savoir quelles personnes présenteront une crise de santé mentale associée à la consommation de cannabis.

Les recherches indiquent que la consommation de cannabis a des répercussions sur la psychose. L’utilisation de cette drogue influe sur l’âge d’apparition de la psychose.

Ceux qui consomment du cannabis au début de l’adolescence (< 15 ans) sont exposés à un risque plus important de présenter une psychose à un plus jeune âge que par la suite.

Il est établi que la consommation de cannabis déclenche et aggrave la psychose chez certains jeunes. Ces derniers sont également plus susceptibles de présenter leurs premiers symptômes à un âge plus jeune.

L’apparition la plus précoce est associée aux variétés de cannabis « skunk » dont le contenu en THC est plus élevé; en moyenne, la psychose apparaît six ans plus tôt. Cette association est si solide qu’elle explique peut-être pourquoi c’est à Londres (Angleterre) que les taux d’incidence de la psychose sont parmi les plus élevés au monde.

Ces connaissances ont globalement permis d’élaborer des lignes directrices visant à réduire les risques liés à la consommation de cannabis, lesquelles conseillent vivement de ne commencer à consommer du cannabis qu’à un âge plus avancé.

research saysLa voix des jeunes

Je pense que ça a pu jouer un rôle et accélérer ce qui s’est passé – une psychose, sans aucun doute. Je pense que ça a un effet déclencheur chez les personnes prédisposées, mais pas nécessairement chez tout le monde.

Je crois qu’il existe sans aucun doute un lien entre la psychose et n’importe quel type de drogue, y compris la marijuana. Parce qu’elle vous fait halluciner. Elle intensifie les hallucinations et les pensées existantes puis provoque une anxiété massive.

research saysD’après la recherche

Nous ne disposons que d’une liste succincte des facteurs de risque actuellement connus : le fait de commencer à consommer du cannabis avant l’âge de 15 ans et d’avoir un parent atteint d’une maladie mentale augmente votre risque, de même que l’utilisation de variétés de cannabis dont la teneur en THC est élevée.

Malheureusement, nous ne pouvons pas savoir qui risque de présenter une psychose liée à la consommation de cannabis, mais nous connaissons plusieurs facteurs de risque.

  • L’âge auquel la consommation de cannabis débute constitue l’un de ces facteurs, et il est particulièrement dangereux de commencer à en consommer avant l’âge de 15 ans.
  • La quantité de THC dans le cannabis
  • Le rapport entre le CBD et le THC dans le cannabis

Ces connaissances ont permis d’élaborer des lignes directrices visant à réduire les risques liés à la consommation de cannabis, lesquelles conseillent vivement de ne commencer à consommer du cannabis qu’à un âge plus avancé

research saysLa voix des jeunes

Si je n’avais pas commencé à fumer de la marijuana, je n’aurais jamais su que je souffrais de psychose… Ça ne se serait jamais présenté. Parce que techniquement, c’est cette drogue qui causait mes symptômes psychotiques.

research saysD’après la recherche

La psychose est un état mental dans lequel vous perdez le contact avec la réalité.

La psychose désigne une rupture avec la réalité qui se caractérise par des hallucinations, de fausses croyances (délires), une altération de la pensée et un manque de motivation.

Pour en savoir plus sur la psychose, consultez la section Faits.

research saysLa voix des jeunes

Quand je fumais, c’était chaotique, je divaguais et j’avais beaucoup de pensées bizarres. Des trucs comme, comment contrôler les autres par la pensée… je devenais vraiment paranoïaque, j’avais sombré trop profondément tout seul, à l’écart de mes amis.

research saysD’après la recherche

Plusieurs types de raisons motivent la consommation de cannabis. Les gens invoquent des raisons différentes à différents moments.

Les raisons qui motivent la consommation de cannabis varient d’un individu à l’autre, voire d’une utilisation à l’autre; nous disposons toutefois de catégories de raisons motivant la consommation de cannabis.

Les motifs liés à la stimulation peuvent désigner le fait d’accroître l’excitation dans la vie. Ils expliquent souvent la consommation de drogue à des fins récréatives.

Les motifs d’ordre social sont ceux qui vous amènent à adopter un comportement pour mieux profiter d’une soirée, par exemple.

Le conformisme, comme son nom l’indique, suppose des actes posés dans le but d’imiter ses pairs.

L’adaptation est un motif souvent invoqué pour justifier la consommation de cannabis en regard de la psychose. Ce motif concerne ceux qui consomment pour faire face au stress et à l’anxiété.

L’habitude relève d’une catégorie additionnelle et passe souvent pour être évitable si les utilisateurs se tiennent occupés et ont des centres d’intérêt. Ce motif est invoqué lorsque le cannabis est consommé par ennui.

Les raisons motivant la consommation de cannabis ont fait l’objet de recherches. Une revue systématique (revue officielle et exhaustive de données donnant un aperçu des résultats de différentes études) des raisons motivant la consommation de cannabis a été effectuée. D’après cette revue, une consommation commencée à un âge précoce (11-15 ans), une consommation régulière sans lien avec des motifs d’ordre social de même que la consommation visant à faire face à des événements stressants constituaient des facteurs de risque de l’apparition d’un trouble lié à la consommation de cannabis.

Les motifs liés au conformisme permettaient de prévoir l’utilisation, mais non la dépendance. Il est possible que l’adaptation soit plus souvent invoquée par les femmes qui décident de consommer du cannabis. Les hommes quant à eux citent souvent la routine et le conformisme pour justifier leur consommation. De plus, des études laissent penser que le fait de souffrir d’une maladie mentale pourrait constituer un facteur de risque d’apparition d’un trouble lié à l’utilisation de cannabis, mais ces résultats étaient mitigés. Il n’est donc pas certain que les consommateurs de cannabis consomment cette drogue pour soigner eux-mêmes leurs troubles mentaux.

research saysLa voix des jeunes

C’est amusant et déconcertant comme la montagne russe la plus folle sur laquelle je suis jamais monté.

Ça m’aide à me détendre – beaucoup – ça me rend insouciant – comme si rien en dehors du moment n’a de l’importance... Je ne suis pas habitué à vivre comme ça. Ça me met dans cet état.

J’en voulais...tous mes amis l’avaient essayée avant moi. J’étais le seul à ne pas l’avoir fait...

Au début, ça a supprimé la douleur et la dépression, puis tout est revenu – j’ai immédiatement commencé à ressentir de la douleur et à me sentir dépressif.

Je ne l’ai jamais utilisé parce que je n’aime pas l’odeur. Je me soucie de ma santé, j’étais à l’école, je pratiquais des sports et je ne me sentais pas poussé à en consommer. Je gravitais autour d’un groupe différent.

research saysD’après la recherche

Internet et les autres médias regorgent d’articles qui attribuent des propriétés distinctes aux souches Sativa et aux souches Indica. Or, du point de vue scientifique (et légal), il n’y a aucune différence entre ces deux types de cannabis. De plus, le cannabis, peu importe la plante, est dénommé Cannabis Sativa L.

Sativa et Indica désignaient à l’origine des souches distinctes de cannabis provenant de différentes régions du monde. Après de nombreuses années de croisement et de pollinisation croisée entre les espèces, les études ont néanmoins montré qu’il n’y avait plus de distinction génétique entre les plants Indica et les plants Sativa. La question de savoir s’il existe différentes espèces de cannabis et le nombre d’espèces existantes font actuellement débat.

Qu’en est-il du THC et du CBD?

Le simple fait de savoir si un plant de cannabis appartient à l’espèce Sativa ou Indica ne nous apprend pas grand-chose sur l’effet qu’il pourrait avoir lorsqu’on en consomme. Il existe une foule d’autres caractéristiques et différences importantes entre les divers types de cannabis, surtout en ce qui concerne leur teneur en THC et en CBD. Il est question de cannabis à forte teneur en THC lorsque la souche contient plus de 15 % de THC. Ce type de plante est de plus en plus courant au Canada. Le THC est le principal composé qui produit une euphorie (un « high »).

Les souches à forte teneur en THC sont néanmoins celles qui présentent le plus grand risque de provoquer des lésions du cerveau en développement, car elles surchargent le système endocannabinoïde de l’organisme, qui veille à la bonne connexion entre les régions du cerveau. Ces souches à forte teneur en THC sont également associées à un risque plus grand de psychose, même en l’absence d’antécédents familiaux.

Les souches à forte teneur en THC sont également généralement faibles en CBD, le composé neuroprotecteur contenu dans la plante de cannabis. Au cours des décennies précédentes, le rapport THC/CBD était équilibré, ce qui explique le moins grand risque pour la santé mentale associé à la consommation de cannabis dans les travaux de recherche plus anciens. Les souches à forte teneur en CBD sont souvent utilisées à des fins thérapeutiques parce qu’elles sont moins euphorisantes et présentent un plus grand potentiel de bienfaits médicaux.

La conduite la plus sécuritaire pour un jeune consiste à attendre avant d’essayer le cannabis, mais si vous envisagez d’en utiliser ou si vous en avez déjà utilisé, la conduite la moins risquée consiste à opter pour une souche dont la teneur en THC est moindre (8 % ou moins) et dont le pourcentage en CBD est équivalent. Ces souches sont similaires à celles en circulation dans les années 2000 et avant. Or, les travaux de recherche menés à cette époque nous ont appris que le risque de psychose était certes présent, mais qu’il était de 2 à 4 fois plus élevé au lieu de 8 à 12 fois plus élevé.

Les travaux de recherche menés dans les années 2000 et antérieurement indiquent également un effet sur l’anxiété et la dépression moins marqué avec ces souches de cannabis. Nous ne savons toutefois pas si l’utilisation de ces souches engendrera des changements permanents de la structure de votre cerveau en développement. Des travaux de recherche plus approfondis s’imposent.

research saysLa voix des jeunes

Quand je suis passé d'une souche à forte teneur en THC à une souche à forte teneur en CBD, j'ai noté une grande différence.

Savoir qu'il existe différentes souches et connaître leur effet sur ma psychose m'a été utile.

J'ai eu du mal à changer mes habitudes de consommation, mais cela a vraiment favorisé mon rétablissement.

Mieux j'étais informé et plus je me sentais armé pour faire mes propres choix.

research saysD’après la recherche

Un « mauvais délire » présente certaines des caractéristiques d’un épisode psychotique.

Comment savoir si vous présentez une psychose ou simplement un mauvais délire? Il peut être difficile de faire la différence puisque certains des symptômes du mauvais délire pouvant survenir en fumant du cannabis sont identiques à ceux d’une crise psychotique. Chez certaines personnes, la consommation de cannabis peut provoquer un épisode psychotique temporaire.

Peut-être que vous connaissez quelqu’un qui a vécu un mauvais délire. Malheureusement, nous savons à présent que ceux qui ont eu un mauvais délire en consommant du cannabis sont exposés à un risque plus élevé de présenter un trouble psychotique, qui désigne une affection chronique comme la schizophrénie.

research saysLa voix des jeunes

Elle intensifie les hallucinations et les pensées existantes puis provoque une anxiété massive.

J’ai l’impression que les gens me pourchassent, je deviens vraiment paranoïaque.

Je n’ai jamais réalisé que c’était de la psychose, je commençais à devenir paranoïaque dès que je fumais de l’herbe... Ce n’est que plus tard que je m’en suis rendu compte et j’ai fait le lien.

research saysD’après la recherche

Oui, le cannabis crée une dépendance.

Chez certaines personnes, la consommation de cannabis peut créer une dépendance. De la même manière que ce n’est pas tout le monde qui devient alcoolique en prenant un verre, ce ne sont pas tous les consommateurs de cannabis qui deviendront dépendants.

Les gens citent parfois les échelles de dépendance et invoquent le potentiel plus faible du cannabis à générer une dépendance comme preuve de l’improbabilité de la dépendance à cette substance. Cependant, sur ces échelles, le cannabis figure généralement au même rang que le café pour ce qui est du risque d’induire une dépendance. Combien de personnes parmi vos connaissances doivent prendre une tasse de café le matin sous peine d’avoir des maux de tête de sevrage?

Les personnes dépendantes au cannabis présenteront également des symptômes de sevrage si elles arrêtent d’en consommer; ces symptômes comprennent l’anxiété, un fort sentiment de malaise, des troubles du sommeil, de l’irritabilité, une perte d’appétit et, dans certains cas, un comportement agressif.

Les personnes dépendantes au cannabis présentent ce qu’on appelle un trouble lié à la consommation du cannabis. Ce trouble peut toucher jusqu’à 30 % des consommateurs de cannabis. Nous savons que le fait de commencer à consommer du cannabis à un plus jeune âge de même que l’utilisation de cannabis ayant une teneur élevée en THC (également connu sous le nom de cannabis à forte puissance) peuvent augmenter le risque de présenter un trouble lié à la consommation de cannabis.

Malheureusement, nous ne disposons actuellement d’aucun traitement efficace contre ces troubles.

research saysLa voix des jeunes

Au début je n’en consommais que si mes amis en avaient... puis j’ai commencé à en acheter...puis j’ai commencé à en consommer de temps en temps..., puis une à deux fois par semaine..., puis tous les jours et puis plusieurs fois par jour.

Je fumais de l’herbe tous les jours et toute la journée pour faire face à mes problèmes plutôt que de les affronter réellement.

En même temps, je n’aime pas ce que je ressens après en avoir consommé même si ça m’égaye. Je perds ma motivation pour la journée, un peu comme après une gueule de bois... Je passe par des hauts et des bas, je me sens plutôt bien, je ris, je m’amuse...puis je commence à m’inquiéter et je me fatigue aussi.

research saysD’après la recherche

Le cannabis se lie à des récepteurs dans le cerveau, c’est ce qui donne l’impression de planer. Malheureusement, cette liaison peut bloquer la fonction naturelle de ces récepteurs.

Pourquoi la consommation de cannabis a-t-elle des répercussions sur la santé mentale, surtout si vous commencez à en consommer à l’adolescence? La réponse est liée au développement cérébral. Le cerveau se développe de la naissance jusqu’à l’âge d’environ 25 ans. Le cerveau se développe par étapes – essentiellement à partir des parties les plus anciennes du cerveau, plus près de l’arrière de la tête (comme les zones qui contrôlent la respiration) vers l’avant avec le lobe préfrontal (l’avant du cortex), qui se développe en dernier.

Cette région du cerveau contrôle surtout la personnalité, la prise de décision et le comportement social. L’organisme fabrique des molécules cannabinoïdes qui remplissent des fonctions biologiques. Dans le cerveau en développement, les récepteurs qui se lient à ces cannabinoïdes biologiques aident les cellules cérébrales à établir des connexions nécessaires au bon fonctionnement du cerveau.

Les cannabinoïdes végétaux comme le THC et le CBD se lient à ces mêmes récepteurs; les recherches laissent penser que la quantité importante de signaux provenant de l’inhalation ou de l’ingestion de marijuana submerge le processus normal de développement du cerveau.

La raison pour laquelle les adultes de plus de 25 ans ne sont pas exposés au même risque tient au fait que ces récepteurs cannabinoïdes ont achevé leur tâche de développement cérébral; en outre, les recherches laissent entendre que cette fonction est désactivée par les récepteurs cannabinoïdes qui modifient leur mode d’expression (là où ils se trouvent dans le cerveau)

research saysLa voix des jeunes

Quand je fumais, c’était chaotique, je divaguais et j’avais beaucoup de pensées bizarres.

Nous constatons que l’utilisation de marijuana semble changer au fil du temps, et que les gens commencent à en consommer pour des raisons différentes. Je n’arrive pas à croire à quel point certaines des personnes qui commencent à fumer de l’herbe sont jeunes! La réponse la plus fréquente est 12 ans!

research saysD’après la recherche

Le cannabis a des effets différents chez les hommes et les femmes; les femmes conservent ainsi le THC plus longtemps dans leur organisme.

Saviez-vous que la réaction au cannabis est différente entre les hommes et les femmes? Les enquêtes sur la consommation de drogue ont bien révélé que les hommes tendent à consommer davantage de drogue à des fins récréatives que les femmes. Malheureusement, cela pourrait masquer certaines tendances troublantes qui font actuellement l’objet de nouveaux travaux de recherche. Dans la psychose précoce, l’âge d’apparition est plus tardif chez les femmes que chez les hommes, et les consommatrices de cannabis pourraient présenter des psychoses plus précoces associées à l’utilisation de cette drogue.

Des données indiquent également que les femmes qui consomment du cannabis pourraient être moins susceptibles d’arrêter; elles signalent par ailleurs une qualité de vie inférieure à celle des hommes qui consomment du cannabis. Davantage de recherches doivent être effectuées sur ce sujet. Même s’il existe possiblement des différences fondées sur le sexe en ce qui touche la consommation de cannabis et la psychose, rien ne fait état de différences socio-économiques ou ethniques.

research saysD’après la recherche

La consommation de cannabis peut nuire au rétablissement et aux options thérapeutiques si vous présentez déjà une maladie mentale.

Qu’en est-il de la consommation chez les personnes ayant déjà reçu un diagnostic de trouble psychotique? Il est établi que l’utilisation continue de cannabis par des personnes atteintes de troubles psychotiques est associée à des rechutes et à des hospitalisations plus fréquentes, ainsi qu’à des symptômes positifs plus importants chez les utilisateurs comparativement aux non-utilisateurs atteints de psychose.

En dehors du lien avec la psychose, de plus en plus de données indiquent que la consommation de cannabis peut également avoir des répercussions sur la santé mentale.

D’après ce que nous savons, la consommation de cannabis peut augmenter le risque de dépression et de certaines formes de troubles anxieux.

Dans l’ensemble, les données montrent que la consommation de cannabis est associée de manière positive à des symptômes de dépression et qu’elle peut augmenter le risque d’apparition de cette maladie si elle débute à l’adolescence.

La consommation de cannabis durant l’adolescence peut également augmenter le risque de suicide. Une méta-analyse combinant les données de 14 études différentes a permis de démontrer que la consommation de cannabis à un âge précoce, surtout si elle est importante, était associée à un risque accru de dépression. Dans le marché actuel se caractérisant par une teneur plus élevée en THC, une quantité moindre de cannabis pourrait être nécessaire pour parvenir au même niveau de risque.

research saysLa voix des jeunes

J’ai arrêté parce que ça aggravait ma maladie, c’est dur d’aller bien… de reprendre le contrôle de ma vie même sans ça.

Si je fume, je vais finir par être nerveux… C’est amusant puis ça devient effrayant.

Fumer de l’herbe est amusant. Ça ne fait aucun doute. Ça supprime aussi l’anxiété et la dépression. Mais ce que je ne savais pas, c’est que l’herbe cause de l’anxiété et de la dépression. Sans parler de la psychose, de la paranoïa et d’autres symptômes désagréables. C’est un cycle terrible, mais si nous pouvons le combattre et traiter la cause du problème, ce n’est pas aussi difficile, semble-t-il, de se débarrasser de l’herbe, et nous nous en porterons mieux.

Si vous fumez de la marijuana alors que vous prenez certains médicaments, vous pouvez avoir une mauvaise réaction et présenter des symptômes psychotiques plus graves.

research saysD’après la recherche

Si vous avez moins de 25 ans et que avez déjà reçu un diagnostic de maladie mentale, utilisez le cannabis avec prudence.

Nous disposons à présent de données substantielles établissant un lien entre la consommation de cannabis pendant l’adolescence et l’apparition de psychose à un âge ultérieur.

La consommation de cannabis peut également avoir un effet néfaste sur l’évolution de la maladie chez les personnes ayant déjà reçu un diagnostic de trouble psychotique.

Le fait de commencer à consommer du cannabis après 18 ans plutôt qu’à 15 ans est associé à un risque plus faible d’apparition de psychose. Cependant, d’après nos meilleures données, le fait d’attendre que le cerveau soit complètement développé (21 à 25 ans) est la meilleure défense contre le risque de présenter une psychose associée à la consommation de cannabis.

research saysLa voix des jeunes

Si nous avions su ce que nous savons aujourd’hui, nous aurions diminué notre consommation ou arrêté de fumer plus tôt.

Vos camarades et le groupe social auquel vous appartenez pourraient vous pousser à essayer la marijuana et même si ça peut paraître nouveau, amusant ou excitant à essayer, il y a des effets néfastes. Cette substance a une odeur et n’est pas bonne pour votre santé. Votre dépendance pourrait augmenter avec le temps. Ce qui débute comme une activité sociale peut vous isoler et se transformer en une expérience effrayante.

La plupart d’entre nous avions parfois l’impression que la marijuana aggravait, voire déclenchait, nos symptômes psychotiques. Quelques-uns d’entre nous ont aussi constaté que cette substance interagissait avec nos médicaments.

Pour certains d’entre nous, la marijuana masquait nos symptômes psychotiques émergents. Nous croyons que ces symptômes étaient simplement associés au fait de planer et ne savions pas que le temps était venu de demander de l’aide.