Un projet national pour sensibiliser différents groupes de jeunes aux risques possibles de l’usage du cannabis pour leur santé mentale

Winnipeg (Manitoba), 6 mai 2019 – Depuis la légalisation et la réglementation du cannabis l’année dernière, l’industrie a rapidement évolué. Les chercheurs, les cliniciens et les intervenants préoccupés par la santé mentale sont inquiets du message ambigu lié à la commercialisation des produits du cannabis qui est véhiculé dans un contexte de concurrence. Il existe une confusion quant à l’utilité du CBD et aux risques que présente le THC, plus particulièrement en ce qui a trait au développement du cerveau chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

Alors que Santé Canada s’apprête à établir de nouveaux règlements encadrant le commerce de produits comestibles, d’extraits et de médicaments contenant du cannabis (ce qui inclut les aliments, les boissons et les produits de vapotage), la compréhension des résultats de recherche qui lient la consommation de cannabis au risque de développer une psychose devient de plus en plus importante. Les jeunes Canadiens et Canadiennes sont parmi les plus grands utilisateurs de cannabis dans le monde. Un adolescent sur cinq âgé de 15 à 19 ans a consommé du cannabis au cours de la dernière année. Les professionnels de la santé mentale et la Société canadienne de la schizophrénie (SCS) sont particulièrement préoccupés par la sensibilisation au lien qui existe entre la consommation de cannabis et la psychose, et par la compréhension de ce lien, plus particulièrement chez les jeunes de moins de 25 ans et les membres de leur famille. 

La Dre Candice Crocker, professeure adjointe au département de psychiatrie de l’Université Dalhousie, souligne : « Il existe deux grandes préoccupations à l’égard de l’utilisation de produits alimentaires contenant du cannabis.  La première est le délai avant l’apparition de l’état d’euphorie.  Les produits comestibles présentent leurs propres risques pour la santé et la sécurité et la plupart de ces produits contiennent plus d’une portion.  Une période de 30 minutes à deux heures est habituellement nécessaire pour ressentir les effets du cannabis après l’ingestion du produit, mais ces effets peuvent durer jusqu’à quatre heures.  La consommation d’un trop grand nombre de portions sans s’en rendre compte en prenant des produits comestibles a été associée à des visites à l’urgence dans d’autres territoires où cette drogue est légale, l’État du Colorado par exemple.  Une visite aux urgences peut s’imposer pour un éventail de problèmes, allant de l’anxiété extrême jusqu’aux symptômes cardiovasculaires.  La deuxième préoccupation concerne les enfants.  Lorsqu’ils sont sortis de l’emballage, les produits comestibles contenant du cannabis ressemblent à n’importe quel autre aliment et un empoisonnement accidentel peut alors survenir chez les enfants (sans parler des animaux domestiques).  Le corps d’un enfant ne peut pas supporter une portion équivalente à celle d’un adulte et, comme c’est le cas pour tout autre produit à base de cannabis, une exposition répétée chez les enfants peut affecter le développement de leur cerveau. Comme c’est le cas pour toute substance provoquant une intoxication, il faudrait faire la promotion d’une utilisation responsable. »

La Société canadienne de la schizophrénie a reçu une contribution du Programme sur l’usage et les dépendances aux substances de Santé Canada pour mener un projet de sensibilisation de trois ans auprès des jeunes et des organismes de santé publique; l’objectif est de promouvoir la réduction des méfaits et la prise de décisions éclairées chez différents groupes de jeunes pour qui les risques de conséquences néfastes sont plus élevés. La troisième phase de la campagne de la SCS intitulée Cannabis et psychose : explorer les liens (www.cannabisandpsychosis.ca), permettra d’établir un engagement avec différents intervenants, notamment des partenaires éducatifs et d’autres organismes nationaux de santé mentale, afin de s’assurer que le contenu est maintenu à jour, qu’il est pertinent et inclusif, et qu’il s’adresse à la jeunesse de partout Canada. Une solide campagne dans les médias sociaux constituera le point central de ce projet participatif qui tirera profit des interventions du Comité consultatif national sur la jeunesse.

Catherine Willinsky, directrice de projet à la Société canadienne de la schizophrénie, fait remarquer que : « Les jeunes ont toujours été confrontés à des messages contradictoires sur les risques possibles de la consommation de cannabis, et avec l’évolution du contexte de la légalisation, ils sont confrontés à encore plus d’éléments d’information et de désinformation sur le sujet. »  Mme Willinsky ajoute : « Grâce à ce projet nous suscitons la participation des jeunes à des conversations portant sur leurs perceptions et leurs expériences du cannabis et nous rendons des informations scientifiques accessibles de manière cohérente pour les différents groupes de jeunes. »

Cette ressource met en relief les données probantes issues des travaux de recherche les plus récents ainsi que les expériences vécues par des jeunes qui ont fait l’expérience de la consommation de cannabis et de la psychose. Elle offrira aux plus jeunes et aux jeunes adultes des ressources en matière d’éducation et de prévention.  

“I applaud the Schizophrenia Society of Canada for taking on this incredible initiative to engage with young people on the harms of cannabis use. Canadian youth are looking for balanced information on the health effects of cannabis and the real facts about its impact on mental health. These new evidence-based tools will help youth develop their cannabis literacy and guide them in making informed decisions about their own health.”
The Honourable Ginette Petitpas Taylor
Minister of Health

« Je félicite la Société canadienne de schizophrénie d’avoir entrepris cette incroyable initiative pour sensibiliser les jeunes aux méfaits de la consommation de cannabis. Les jeunes Canadiens recherchent des informations équilibrées quant aux effets du cannabis sur la santé et des faits réels sur ses conséquences pour la santé mentale. Ces nouveaux outils fondés sur des données probantes aideront les jeunes à parfaire leurs connaissances sur le cannabis et à prendre des décisions éclairées au sujet de leur propre santé. »

L’honorable Ginette Petitpas Taylor
Ministre de la Santé

 

Chris Summerville, président-directeur général de la Société canadienne de la schizophrénie, affirme : « Nous comprenons qu’il existe des messages contradictoires sur les risques et l’utilisation sans danger du cannabis, et nous respectons la diversité des idées.  Toutefois, il ne s’agit pas d’un problème bénin et le cannabis n’est pas une substance bénigne.  Il s’agit d’une drogue psychotrope et le risque est bien réel lorsqu’il est question de cannabis.  Cette initiative veut faire progresser les connaissances sur les effets de la consommation de cannabis chez les jeunes de 25 ans et moins; pas seulement pour des enjeux de santé mentale, mais également pour leur éducation et leur vie sociale. Elle vise à prévenir ou à retarder une consommation de cannabis qui pourrait causer des méfaits et se révéler problématique, et elle encourage une culture d’utilisation plus sécuritaire. »  M. Summerville ajoute : « Nous voulons donner aux jeunes et aux jeunes adultes les connaissances et les ressources nécessaires pour lancer la conversation sur la consommation de cannabis et la façon dont elle peut affecter le développement non encore achevé de leur cerveau.  Il faut fournir des connaissances bien documentées sur les risques liés à la consommation de cannabis et les liens qui existent avec des troubles psychotiques comme la schizophrénie.  Nous savons que la prévention et les approches d’intervention précoce peuvent réduire l’apparition et même l’évolution des troubles psychotiques. »

Voici certaines des principales conclusions de la recherche qui sont mises en relief sur le site Web Cannabis et psychose : explorer les liens :

  • En 2015, l’âge médian auquel le cannabis a commencé à être consommé était de 17 ans, tant chez les hommes que chez les femmes.
  • L’usage de cannabis a des effets sur la psychose, une rupture avec la réalité qui se caractérise par des hallucinations, des délires, une altération de la pensée et un manque de motivation.
  • La consommation régulière de cannabis peut provoquer l’apparition d’un trouble psychotique chronique et à vie chez les personnes à risque, ainsi que l’apparition d’une psychose à un âge plus précoce.
  • L’usage de cannabis peut entraver ou empêcher le rétablissement des personnes ayant déjà reçu un diagnostic de trouble psychotique.
  • La teneur en THC est passée de 1,5 % en 1970 à 28 % en 2018.

Trois pour cent de la population souffrira de psychose. Près de 1 % de la population développera une schizophrénie, une maladie qui affecte la capacité d’une personne à discerner la réalité de la non-réalité. Les jeunes hommes développent généralement cette maladie vers la fin de la vingtaine alors que les jeunes femmes sont souvent touchées entre 20 et 25 ans. 

Les opinions et interprétations données sur le site Web Cannabis et psychose : explorer les liens sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.

 

Pour obtenir davantage d’informations :

Dr Chris Summerville

Directeur général 

Société canadienne de la schizophrénie

Bureau : 204 786-1616, Cell. : 204 223-9158

[email protected]

Nicole Harris

Maverick Media Solutions

Cell. : 204 470-4555

[email protected]

 

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